Incommunicabilité
Elle me reproche de trop vouloir lui dire « je t’aime », « tu es belle », et toutes ces phrases un peu creuses et rebattues qui sont pourtant si vraies et chaque jour nouvelles quand on les prononce avec sincérité, je lui reproche de téléphoner trop souvent pour rien. On n’a simplement pas la même façon de nous exprimer. Elle, c’est dans l’assurance tranquille d’un fil tendu en permanence, moi c’est dans le lyrisme.
Je repense à un truc lu chez Karl, encore et toujours source d’inspiration.
Les odeurs ! Premier témoignage de notre fusion au monde. Ces souvenirs des odeurs d’autrefois, on les retrouve en fermant les yeux. On a fermé les yeux jadis pour en savourer la profondeur. On a fermé les yeux, donc tout de suite, on a rêvé un peu. En rêvant bien, en rêvant simplement dans une rêverie tranquille, on va les retrouver. Dans le passé comme dans le présent, une odeur aimée est le centre d’une intimité.
La poétique de la rêverie, p.128, Gaston Bachelard
(spécial Saint-Valentin presque accidentel !)