Belle du Seigneur Albert Cohen, Folio
Je devais être une des rares personnes en France à ne pas avoir encore lu Belle du Seigneur, d’Albert Cohen. C’est chose faite.
Je sais que je vais choquer la terre entière avec ma remarque : je n’ai pas été émue. Ou alors je ne suis pas assez fleur bleue pour m’être laissé prendre au jeu.
Si l’on regarde les personnages, par exemple, eh bien seul Solal m’a intéressée. Il est gentil mais amer, méchant mais sincère, amoureux fou mais violent et destructeur, croyant de toutes ses forces en l’humanité malgré la folie qui envahit les hommes à la fin des années 1930, croyant en Dieu mais plongeant corps et âme dans le péché... Bref, Solal me plaît et m’intrigue.
Les autres personnages m’ont semblé plus caricaturaux. Il y a l’héroïne qui passe d’un extrême à l’autre dans ses sentiments pour Solal, son brave con de mari cocu, sa belle-mère teigneuse et idiote, son beau-père gentil mais étouffé, la bonne qui s’exprime mal, qui obéit docilement et qui juge la bourgeoisie, les cousins juifs qui ne pensent qu’au fric... Pour un peu, Cohen passerait pour antisémite, c’est un comble !
En revanche, l’histoire est intéressante : naissance, vie et mort d’une passion. La déchéance dans laquelle tombent les amants est décrite avec un tel talent qu’on se sent mal en les voyant s’enliser. On s’attend à une fin terrible... mais non ! Solal et Ariane choisissent la facilité. On aurait tellement pleuré lors de leur séparation ou la mort d’un des deux ! Mais en fait non, aucun des deux ne va souffrir, et franchement ça m’a déçue.
Je me dis que je n’ai peut-être rien compris à ce livre, mais le résultat est là : il ne m’a fait ni rêver ni pleurer. Et je ne sais pas pourquoi, cependant, je conseille à tout le monde de le lire, car il s’agit bien là de la plus belle histoire d’amour jamais écrite.
Et enfin, j’offre une récompense à celui qui peut élucider un mystère : Mariette, la bonne, chantonne un couplet de la Vie en Rose. L’action se passe à la fin des années 1930, pendant la montée du nazisme, et la Vie en Rose a été écrite en 1946. Albert Cohen ne pourrait tout de même pas commettre une si grossière erreur...
Commentaires : dites ce que vous pensez ! RSS
-
> Belle du Seigneur (1er septembre 2003, par Davesnes)
Je vais pinailler un peu. La vie en rose (paroles d’Edith Piaf - musique de Louigy) a été écrite par Edith Piaf elle-même en 1945. Comme elle n’y connaissait rien en solfège, elle a dû trouver un compositeur pour noter la musique. C’est une de ses amies, Marianne Michel, qui popularisa la chanson, avant que Piaf ne l’enregistre en 1946.
Donc, pour répondre à ta question, il ne semble pas que ce soit une chanson d’origine plus ancienne qui aurait été réadaptée.
-
> Belle du Seigneur (2 septembre 2003, par Stéphane, en réponse à Davesnes)
En fait la question de Stéphanie était bien celle-là : elle est étonnée de l’anachronisme. Je cite : Albert Cohen ne pourrait tout de même pas commettre une si grossière erreur...
Bien qu’il serve l’histoire, il surprend effectivement par rapport au reste du roman, très ancré dans une réalité "tangible".
-
Les filles et l’amour ... (2 octobre 2003, par non.rien)
Que Solal te plaise, c’est normal toute femme l’ayant croisé tombe amoureuse. Les autres personnages sont caricaturaux effectivement (Solal aussi d’ailleurs, c’est LE séducteur) mais pas pour ce que tu dis :
Mme Deume n’est qu’une personne très urbaine, qui confond l’être et le paraître : elle prie parce qu’il faut qu’on la voie prier... Elle ne sait pas que ce qui compte, c’est ce qu’elle est.
Le beau-père est exactement son contraire, il ne connait aucune des règles et ne voit pas leur utilité, par contre c’est un homme brave.
Adrien lui, n’est absolument pas brave, il est au contraire l’archétype du jeune loup aux dents longues. Au lieu de travailler à la paix, il trvaille a son porte monnaie. On sait ce qu’il adviendra de l’onu (pardon, de la sdn)
Les cousins sont la caricature des Juifs, pourtant on les aime, en particulier Mangeclous, tu te rends compte, on peux aimer des << Surjuifs >>, alors dans ce cas, c’est la fin de l’antisémitisme.
Ariane, quand à elle, a effectivement l’air d’une dinde. Pourtant quand Solal gratte un peu, il découvre que cette sainte nitouche a déjà fait cocu son mari. A la fin, et c’est cela le plus terrible on découvre aussi qu’elle n’est pas dupe. Elle sait qu’il n’y a pas d’issue à leur amour, et depuis quand le savait-elle ? (Ce week end, ma copine m’a posé des questions sur mes ex, rien n’est plus vulgaire, si je suis amoureux de ma copine, c’est que mes ex n’ont jamais existé)
En ce qui concerne la fin, on n’a pas à être déçu ou pas, elle est là. Justement, il n’y a pas de facilité. Aucun des deux ne peux se quitter, néanmoins il ne peuvent plus vivre ensemble sans plus de contact avec le monde. Ce que Cohen te dis, c’est que ton rêve de passer ta vie sur une île déserte est le suicide de ton couple. Il n’y a pas d’amour viable hors la société (et je ne parle que d’une partie du livre)
Si tu aimes tant Solal, tu peux lire Solal. Si tu n’aimes pas les cousins, lis ou les Valeureux Mangeclous (tu m’expliqueras comment tu n’es pas morte de rire)
Voilà, c’étaient des idées comme ça, relis juste le chapitre XXXV tu me diras ce que tu en penses.
-
> Les filles et l’amour ... (3 octobre 2003, par Stéphane, en réponse à non.rien)
C’est intéressant ce que tu dis...
En fait ce que j’ai trouvé frappant dans ce livre, outre l’extraordinaire expérience d’écriture (focalisations internes permanentes, stylisation extrême d’un personnage à l’autre...), c’est ce sentiment partagé qu’on devine chez l’auteur : à la fois exaspéré par l’humain et attendri par l’hénaurmité de ses défauts.
Il n’y a pas d’amour viable hors la société (et je ne parle que d’une partie du livre)
C’est vrai que c’est un mélange de plusieurs histoires intimement liées.
Moi j’ai vraiment aimé le côté entier jusqu’au désespoir de leur amour. Même si leur mort est une facilité (je le sais bien, faute de savoir comment terminer mes piètres nouvelles d’étudiant, les protagonistes mouraient systématiquement, c’est commode), elle a le mérite d’être l’acte passionné par excellence.
Roméo et Juliette meurent sur un mensonge, qu’ils se font involontairement l’un à l’autre... Là c’est la décision désespérée d’amants qui savent que leur amour ne survivra pas tout court, société ou pas. Le fait même de consommer l’amour l’a déjà réduit de l’état d’idéal à celui moins enviable de quotidien avec son lot de sordide (le comble d’Ariane : mettre de la musique assourdissante pour masquer les fonctions naturelles de son organisme).
Tiens je suis un peu brouillon, j’irais bien me coucher...
(plus j’y réfléchis plus je me dis que nous aurions dû écrire avec Stéphanie une critique antagoniste, un peu comme les "j’ai adoré"/"j’ai détesté" de certaines critiques cinéma de Télérama...)
(PS : quant à Adrien il n’est ni ambitieux ni jeune loup, il est mesquin... j’ai assez fréquenté l’administration pour savoir de source sûre que les médiocres y abondent... ah, la fascination pour l’agrapheuse, tellement bien observée...)
-
> Belle du Seigneur (31 mars 2004, par DESBOIS, en réponse à Davesnes)
La remarque sur la chanson n’a tout simplement aucun intérêt.
Ou comment passer à côté du sublime sans le voir...
Par exemple s’attarder sur le fonctionnement de l’agrafeuse aulieu d’oeuvrer pour la paix et la justice dans le monde...
-
> Belle du Seigneur (12 mai 2004, par brett, en réponse à DESBOIS)
Ce livre, (ou plutot Cohen), m’as change la vie. Even in English, it destroyed me, literaly layed me out. Pour moi, c’est le Bible de l’amour "romantique."
Ceci dit, je suis assez fleur blue. ’Faut dire, quand meme.
Mais merci pour vos penses. Ca m’a beaucoup inspire de le lire de nouveau, (inquietez pas, je lis Francias un peu mieux que je l’ecris), et peut-etre decourvir plus q’un sentiment ; bref, que Cohen et le plus sublime et brave ecrivain que le monde a jamais vu.
-
> Belle du Seigneur (14 mai 2004, par Stéphane, en réponse à brett)
Hi Brett,
Stephanie is very shy, so she wrote this article and every time someone writes a comment she comes back to me asking ’what should I do, how and what should I reply ?’
He he, girls.
Anyway, thanks for your kind message. I loved this book too, although my most favorite writer would be Paul Auster, I guess. Ah, time will tell. When we’re old, we’ll turn back on our lives, and only then will we be able to say ’this writer was my favorite’ because he/she will last as the most vivid memory.
Like love. Stephanie and I (stef and Steph, imagine that !), we always agree on one thing : we’re sure that it’s only at the end of your life that you can turn back and say for sure which girl was the woman of your life.
Heh. Full circle : from a book about love to the writer and then back to love. Je suis fleur bleue aussi :)
-
> Belle du Seigneur in english (15 septembre 2004, par Jim Forest, en réponse à Stéphane)
Hi there,
I’m searching here and there what is the translation of "Belle du Seigneur" in english or under which title the book is named.
If anybody can inform me, that would be very kind.
Thank you.
=> forestabroad@hotmail.com
-
> Belle du Seigneur in french (9 octobre 2004, en réponse à Jim Forest)
moi, super décontractée, me disant je vais me lire belle du seigneur pendant les vacances, faisant la grande cultivée... des longueurs, ah ces longueurs, des langueurs, tiens je lirais bien un magasine people, mais non continuer sinon nulle, le soir fatiguée mais continuer sinon nulle depuis juillet rien lu d’autre pourtant pas intéressée pas le temps de m’impregner alors en finir rien faire d’autre de toute façon pas grave puisque chomâge et puis cette semaine la révellation la fatigue mais continuer sinon triste mais si continuer triste quand même. Moi m’énervant contre les autres me coupant de ma lecture, boulversée car entendant enfin la verité les paradoxes de la vie que l’on connait mais que l’on ne veut pas savoir, il y avait déjà de façon certaine la mort, il y a maintenant c’est sur, si bien exprimée, l’impossibilité de l’amour passion. Vivre par procuration l’impossibilité de l’amour c’est se faire moins mal mais quelle déconvenue même si on sait que la mort existe, l’ignorer, maintenant on sait que l’amour passion ne peut pas exister, l’ignorer ? mais merci, l’impression d’aimer plus la vie et dêtre pour un futur cadavre, plus dans la vie, appréciant plus la vie car boulversante, étonnante, s’étonner, vivre pour ces petits ou grands moments d’étonnement comme quand enfant. -
> Belle du Seigneur in french (17 novembre 2004, par casilda, en réponse à anonyme)
tu me fais penser à Ariane, folle dans son bain...
je me posais la même question que jim forrest à propos de la traduction anglaise du livre.
si quelqu’un pouvait nous dépanner ?..
merci !
bien à vous, Y.
-
> Belle du Seigneur in french (18 novembre 2004, par Stéphanie, en réponse à casilda)
Sur les sites anglophones, le titre Belle du Seigneur n’est pas traduit. En revanche, je ne sais pas du tout si le livre a été traduit ou non. Une seule chose est sûre : le titre est resté en français. Si d’autres personnes pouvaient nous éclairer... -
> Belle du Seigneur in English (11 décembre 2004, en réponse à Stéphanie)
belle du seigneur en anglais:translated by david coward, (winner of scott-moncrieff prize for translation) penguin. -
> Belle du Seigneur (21 mars 2005, par Krikrel)
Pour un peu, Cohen passerait pour antisémite, c’est un comble ! Il n’est pas antisémite... Il s’agit là de sa démarche d’écriture afin de trouver une réponse, une explication. Une explication de ce qu’il a subi le jour de son 10ème anniversaire dans les rues de marseille... Une réponse à cette insulte d’un camelot que le petit Albert aimait d’amour, aimait d’humanité et qui n’a su que lui dire "tu es un sale youpin hein ?"
Si on lit ce livre avec sa en tête, on le trouve beaucoup plus profond, beaucoup plus humain que ce qu’il n’y parait !!
En un mot c’est un livre hors du commun que je conseille vivement !
-
> Belle du Seigneur (10 mai 2005, par Stéphane)
Tiens je viens de lire ça, et c’est assez joliment dit :
"Belle du Seigneur est beaucoup plus qu’un roman : un monument, une cathédrale, un morceau de temps recréé dans sa générosité, sa totalité." (Paul Creth, la Voix du Nord, Novembre 1968, cité par alalettre.com).
-
> Belle du Seigneur (24 mai 2005, par Piaupiette)
Une chance quun des rares chercheurs cohéniens passent sur ce site. S’il y a des paroles de la vie en rose dans Belle du Seigneur, c’est parce que, chers amis, Belle du Seigneur a été en majeure partie écrit avant 1938 et retravaillé jusqu’à sa parution en 1968. Mangeclous et Les Valeureux proviennet du meme manuscrit d’origine qui faisait plusieurs milliers de pages. Cohen a détruit ou fait détruire tous ses manuscrits, sans doute aussi pour qu’on ne s’attarde pas à se poser ce genre de questions. Une dernière chose qui me fait un peu grincer des dents : il ne s’agit pas d’etre "fleur bleue" pour aimer Belle du Seigneur, ce n’est pas un roman d’amour, c’est un roman contre l’amour car c’est un roman qui parle essentiellement du judaisme et de la place du sacré dans un monde où l’homme est redevenu une bete paienne. Si vous avez des doutes demandez vous alors ce que peut bien signifier un chpitre comme le chapitre LIV, en plein centre du roman... -
> Belle du Seigneur (30 mai 2005, par Stéphane, en réponse à Piaupiette)
Piaupiette, merci, me voilà avec une forte envie de relire le livre ! (note à moi-même : l’été prochain, le remettre dans mes bagages)
J’aime les livres à plusieurs couches. Je l’ai lu pour ma part comme une expérience littéraire (le style d’écriture comme indicateur de focalisation interne), et quand même comme une histoire d’amour violemment romantique (en tout cas dans sa dernière partie).
Pour ma part je reste silencieux mais quand j’entends dire que Stéphanie n’a rien compris au roman uniquement parce qu’elle dit qu’il ne lui a pas plu, ça me chiffonne... on a le droit de ne pas aimer sans devoir passer pour une imbécile...
Donc merci pour ces précisions qui enrichissent notre lecture.
-
> Belle du Seigneur (30 mai 2005, par Stéphane, en réponse à Stéphane)
Flûte, j’ai dit deux fois "pour ma part"... -
> Belle du Seigneur (8 août 2005, par Antinéa)
J’arrive deux ans après cette remarque, mais il vaut mieux tard que jamais :
"On s’attend à une fin terrible... mais non ! Solal et Ariane choisissent la facilité. On aurait tellement pleuré lors de leur séparation ou la mort d’un des deux ! Mais en fait non, aucun des deux ne va souffrir, et franchement ça m’a déçue."
Avec une de ces fins à la Shakespeare, le roman aurait d’une part perdu sa saveur, mais en plus, n’aurait plus voulu rien dire ! Sans cette fin -où l’histoire d’amour prend enfin tout son sens- toutes les niaiseries sentimentales auxquelles nous avons eu droit auraient été de trop ; tu voulais du sang et des larmes aussi ? Tu as l’air tellement conditionnée par les romans à l’eau de rose qu’il faut que tous finissent de cette façon, pour que tu puisses "pleurer lors de leur séparation ou la mort d’un des deux", chose que tu auras en plus préméditée !!
L’intérêt que j’ai trouvé à ce roman est justement qu’il soit si réaliste ; que, même avec les personnages les plus sublimés (Solal et Ariane riches et beaux) l’on sache que tout ne peux pas rester fabuleux et exceptionnel, que la lassitude existe partout et est inévitable, et qui plus est, que ça ne doit pas forcément finir d’une façon aussi belle, aussi exaltée (tes petites larmes) que le début ; que cela peut se finir de la façon la plus banalement idiote possible, même avec les personnages les plus beaux du monde, et qu’il est inutile de verser des larmes, chose que beaucoup aimeraient faire (c’est si réconfortant de pouvoir pleurer) car ce roman est justement là pour te laisser une saveur âcre dans la bouche, et t’apprendre un peu que tout ne peut pas être à l’eau de rose !
Tout ça sans vouloir être méchante bien sûr, et je sais que je me répète beaucoup dans ce message, mais pour moi c’est justement dans cette fin que ce roman prend un sens.Après tout chacun trouve les significations qu’il veut. Amicalement
-
ce livre m a marque a vie (30 novembre 2005, par ghita, en réponse à Antinéa)
Je viens de soutenir mon projet de fin d etudes et je me sens videe, aneantie..je veux regresser, j aimerai tant etre ds les bras de mon cheri ou de ma mere mais vu que cela est impossible je me tourne vers ce livre qui m a tant emue : Belle du Seigneur. Ce chef d oeuvre d ecriture retrace des verites, des sentiments universels et d autre non-dits qui m interpelleront a jamais. Ceci etant, je ne me lasserai jamais de le relire cherissant chaques tournures du livre. This book is a once lifetime experience, it changed my perspective on love and life, a must read. -
> Belle du Seigneur (14 mars 2006, par PIN, en réponse à Piaupiette)
C’est aussi un hasard qu’une ancienne étudiante en lettres tombe sur ce site. Mon mémoire de maîtrise (disponible auprès de l’association des amis d’Albert Cohen) a minutieuseument décortiqué ce phénomène de chevauchement chronologique notamment l’irruption d’évennements (insignifiants ou non)appartenant aux années cinquante dans une trame romanesque censée se dérouler en 1938. Bien cordialement Pascale PIN -
Belle du Seigneur (5 octobre 2006)
Un livre n’est pas écrit pour faire rêver et il ne s’agit pas d’être fleur bleu ou non pour savoir apprécier et s’incliner devant un tel talent. Je défie beaucoup de personnes qui critiquent Albert Cohen un peu trop facilement et assez stupidement, sans bien compprendre de quoi il en retourne. Les personnages ne sont en aucun cas caricaturés pas même les oncles de Solal. L’auteur livre avec une lucité et une grande vérité les vices, les défauts, les grandeurs, les petitesses des uns et des autres. C’est pour cette raison que c’est un des plus grands écrivains et que Belle du Seigneur est un chef d’oeuvre de la littérature. L’auteur nous donne son point de vue sur la société, c’est un jugement mais il ne caricature rien, il décrit la bassesse des gens, la bêtise humaine, même Solal n’est pas un héros, c’est plutôt un anti-héros, il a honte, peur. Quant à la soi-disant facilité de la fin du livre, c’est le choix de l’auteur : leur amour est trop fort pour résister à la clairvoyance de Solal, il ne la supporte plus. En effet, il est vrai que Belle du Seigneur demande une certaine intelligence et ce n’est pas un roman de gare où l’un se suicide et l’autre le pleure. De quelle facilité peut-on parler ici pour les héros, c’est absolument hors de propos, quelle facilité de voir son amour et sa vie se flétrir, mourir ? -
Belle du Seigneur (6 octobre 2006, par Stéphane, en réponse à anonyme)
Si vous vous éloignez un instant de l’anecdotique, vous concèderez qu’il est souvent plus facile de céder à la tentation de faire mourir les héros que de trouver une autre fin.
Pour autant, ça n’enlève rien au tragique et à l’émotion qu’on peut ressentir en le lisant.
-
Belle du Seigneur (6 octobre 2006, en réponse à Stéphane)
Il n’y a pas à concéder quoique ce soit. L’écriture n’est jamais facile, le choix de faire mourir les héros n’est plus facile qu’un autre. C’est un choix et c’est tout. Si on dit : l’auteur n’aurait pas dû faire mourir ses héros, d’une part l’histoire en est changée en tout point et d’autre part, si la fin ne vous plait pas, écrivez un tel livre. -
Belle du Seigneur (6 octobre 2006, par Stéphane, en réponse à anonyme)
Cher anonyme,
Aimer une oeuvre, trouver même que c’est un chef-d’oeuvre, n’est pas notre propos ici. Je trouve, moi aussi, que ce livre est un chef d’oeuvre, et j’aime vraiment son travail tant social que stylistique.
Pour autant on peut lui trouver des faiblesses, parce que la perfection n’est pas de ce monde.
Mais ouh là là, comme vous avez raison, l’art ne sait tolérer ni la concession ni la critique et je n’aurai pas l’outrecuidance de vous répondre plus avant, merci de m’avoir appris l’humilité, je m’en vais de ce pas creuser ma grotte.
-
Belle du Seigneur (7 octobre 2006, en réponse à Stéphane)
Que ce soit l’objet ou non du forum, peu m’importe. Il est intolérable non pas de critiquer une telle oeuvre mais de mal la critiquer et de la prendre de haut, d’être tellement pédant (j’évoque précisément le premier commentaire). D’autre part, la question n’est pas d’aimer ou non le livre mais de connaître que oui c’est de l’art et oui une grande oeuvre d’art. Je désteste Boris Vian mais oui c’est de l’art et L’écume des jours est un grand livre. Enfin, prétendre trouver des faiblesses à une telle oeuvre est vain et parfaitement absurde. Il y a certes des pages un peu "longues" mais des pages de talent et je parle en connaissance de cause, étudiant en ce moment le livre. -
Belle du Seigneur (7 octobre 2006, par Stéphane, en réponse à anonyme)
Cher anonyme,
(Avant tout rappelez-vous bien que vous n’êtes pas sur un forum mais sur un site personnel qui propose aux gens de laisser leurs commentaires, ce qui est un tout petit peu différent et change la perspective.)
Je n’ai pas vu, jusque-là, de commentaire pédant/prenant de haut l’oeuvre dans tous ceux qui ont été laissés.
Stéphanie n’a pas été émue par le livre et a voulu partager sa lecture, nuancer le torrent d’éloges dont ce livre est l’objet (et auquel je participe dans notre foyer :)), je ne vois rien de dramatique là-dedans.
Merci de garder simplement en tête que tout est critiquable, et que chacun, selon son époque et sa culture, peut trouver des faiblesses à une oeuvre. Que cela semble vous atteindre personnellement ne changera rien à l’affaire.
Bien cordialement.
-
Belle du Seigneur (7 octobre 2006, en réponse à Stéphane)
Si cela vous amuse de jouer sur les mots : faites. Mais nous sommes bien ici sur un forum, c’est écrit lorque vous rédigez votre message, je cite : "Ce forum est modéré à priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.", il faut lire, ceci change effectivement la perspective. Je peux être tatillonne. En effet : il est faux de dire que les deux personnages meurent ensembles car Ariane prend avant Solal le poison et meurt donc avant lui. D’autre part, je maintiens à juste titre que ce commentaire était pédant, la question n’est pas que cela m’atteigne ou non, cela atteint l’art et le respect qu’on lui doit. Même si je n’apprécie pas telle ou telle oeuvre d’art, je me dois de reconnaître que c’est de l’art. Désolée. Enfin, expliquez-moi donc comment critiquer l’art bêtement, en passant à côté sans être ridicul et pédant ? -
Belle du Seigneur (8 octobre 2006, par Stéphane, en réponse à anonyme)
Ah oui tiens vous avez raison, « forum » est le nom interne de Spip, mais regardez au-dessus, il y a écrit « commentaire ». On doit être à 50-50 alors.
Au final si vous relisez bien tout avant de vous emballer, vous verrez (je le maintiens), que les commentaires ne sont pas pédants, on a commencé avec le vôtre. Alors c’est celui qui le dit qui l’est, et na na nère.
Prenez du recul et revenez dans quelques années, vous verrez que finalement nous ne disions pas autre chose l’un que l’autre.
(je ne validerai plus vos commentaires, nous tournons en rond, à moins que vous ne veniez dire quelque chose de nouveau, regardez les autres personnes qui ont étudié Cohen, au-dessus.)
-
Belle du Seigneur (28 juillet 2007, par janeh, en réponse à Stéphane)
Un an apres tous les messages, je viens moi aussi apporter ma contribution. je cherchais des critiques de "La Belle du seigneur" que je viens de terminer. Je ne trouve pas, pour ma part, que les personnages sont caricaturaux. Bien au contraire. Les personnages evoluent et sont realistes dans leur defauts grotesques.
Solal est un persnnage merveilleux, profond, qui se pose des reelles questions sur la vie, la mort, l’amour. Il est tres compliqué parce que tres intelligent. ariane, elle, est fervente adepte du Dieu Paraitre.
L’écriture est incroyable, changeante, puissante, jamais lourde meme si longue.
-
Belle du Seigneur (27 novembre 2007, en réponse à janeh)
Si tu cherches à approffondir cette lecture, je te conseille la biographie d’Albert Cohen par son épouse Bella Cohen (préface du livre "belle du seigneur" dans les éditions de la pléiade). Pour ma part, ce livre est un mythe dans toute ma famille à tel point que je m’appelle Ariane Solal ! Et c’est un réel bonheur de porter ce nom !