Vaccination contre la grippe A : j'y étais !

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Un article de Stéphanie

Publié le : 2 décembre 2009

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J’ai tenté ce matin de faire vacciner mon fils contre la grippe A. Je ne pensais pas que c’était une telle expédition !

Mercredi matin, pluie, froid. Bon, pas grave, on s’habille chaudement et on part - tardivement - au centre de vaccination dont on dépend.

Nous y arrivons vers 10h00, les deux enfants et moi. Fermé. Une jolie affichette nous indique que le centre est fermé pour manque de personnel. Deux personnes, accompagnées de leurs enfants également, sont étonnées parce qu’elles ont lu ce matin sur le site internet de la ville que le centre est ouvert 7 jours sur 7, de 7h30 à 22h30.

Elles ne se démontent pas et appellent la préfecture. Au bout du fil, un monsieur outré les informe que c’est anormal et qu’il appelle tout de suite la mairie pour qu’elle fasse ouvrir le centre. Bon, on attend, toujours sous cette affreuse petite pluie fine qui nous glace.

Quinze minutes plus tard, cinq agents municipaux, aimables comme un pitt-bull dont on aurait écrasé les pattes, arrivent, ouvrent la porte, puis la referment. Nous nous retrouvons comme des andouilles, toujours dehors avec les gosses, sans savoir si oui ou non nous allons pouvoir les faire vacciner un jour.

On frappe à la porte, on demande avec un sourire poli si on peut s’abriter, et on s’entend répondre que "ben non, y’a pas de médecin, rentrez chez vous et revenez cet après-midi au cas où". Ah ? Ben non, on y est, on y reste, sans blague ! On rappelle la préfecture, la mairie, et on finit par nous assurer qu’un médecin est en route. Youpi, on attend.

Pendant ce temps, une collègue de galère part à la boulangerie, nous rapporte des mini-viennoiseries et des sucettes pour les enfants. Sympa. On regrette juste d’avoir oublié le thermos de café.

Des personnes s’approchent. Médecin ? Infirmière ? Non, juste deux charmants policiers appelés par les employés municipaux bien au chaud dans leur local. Heureusement, ils étaient encore plus morts de rire et affligés que nous ! Atterrée, une des dames qui attendaient appelle un de ses potes journaliste. Et hop ! Un gentil petit journaliste (du Parisien, je crois) arrive, nous prend en photo ("faites la gueule et montrez bien les enfants qui grelottent dehors"), nous pose des questions.

Tout à coup, la porte s’ouvre. Oui, le médecin est arrivé ! Il est 11h30, tout va bien. On se présente avec la feuille de vaccination reçue par la poste (j’en profite pour demander si je peux faire vacciner ma fille de 5 ans qui n’a pas reçu ce courrier. Niet ! Faut la feuille.) On remplit un formulaire. On monte au premier étage. On donne le formulaire à une gentille madame souriante (qui faisait partie de l’équipe des pitt-bulls du matin). Elle tamponne le formulaire On va vers la salle d’attente pour être reçu par le médecin. On donne pour la 3ème fois la feuille remplie. Il écrit son nom dessus et nous demande de retourner en salle d’attente. Bon. Je suis contente, on est les deuxièmes, ouais !

Sauf que la première à passer pour se faire piquer est là depuis 8h30 le matin (pour rappel, il doit être 11h45 lorsqu’on se retrouve en salle d’attente). Là, j’avoue que je commence à déprimer. Tous les enfants s’agitent, ont faim, ont soif, s’ennuient, veulent courir, et toutes les mamans disent "chut, calme-toi, ça va pas être long, assis, debout, couché". Au bout d’un petit moment, une dame ose demander des informations : où en est-on ? Ben on en est qu’on a le médecin, mais pas d’infirmière. Ah ? Et naïvement, on se demande à l’oreille si le médecin ne peut pas faire de piqûres. Ben nan, ça va pas, nan ? Le médecin, lui, il écrit son nom sur le formulaire, il coche la case du vaccin qu’ils vont injecter et lit la notice d’emploi pour savoir quelle dose administrer à un petit enfant de 3 ans.

Et là, je fais LA boulette. Je demande si mon fils peut avoir un vaccin sans adjuvant. Houlà... Le médecin (qui est interne, et donc n’a pas encore honte de dire qu’il ne sait pas) part se renseigner. Dix minutes. Puis il revient et m’annonce que non, pas de problème, il peut recevoir un adjuvant. Sceptique, je me défends timidement en disant que ben oui, mais aux infos ils disent que, notre médecin généraliste il dit que... C’est lui le pro, je n’insiste pas.

Bon, retour dans la salle d’attente. C’est long. Toujours pas d’infirmière. Les gens s’entassent. La gentille maman aux mini-viennoiseries et sucettes improvise un spectacle de marionnettes avec le doudou de sa fille, les enfants sympathisent, papotent, se calment un peu.

Et là, deuxième miracle de la journée, une brochette d’infirmières arrive. Pas bonjour, pas un sourire, pas de "on est à vous dans cinq minutes", mais au point où on en est... Puis elles repartent. Puis reviennent avec des seringues. Puis repartent. Puis reviennent avec des poubelles. Puis repartent. Puis reviennent avec les vaccins. Puis papotent. Puis enfin, appellent la première personne.

Et là tout s’enchaîne à une allure folle. Elles se mettent à piquer à la chaîne, en trois minutes mon fils est piqué, pansementé, pull remis. Nickel. (ah, au passage, j’ai redemandé un vaccin sans adjuvant, et je l’ai eu tout de suite).

Génial. Il est 13h30, on va enfin rentrer. Ben non... Il faut refaire tamponner le formulaire en partant. Le guichet est bondé, puisque le monsieur (inefficace) qui y est assis fait à la fois les entrées et les sorties. Il nous faut donc une bonne quinzaine de minutes pour franchir cette ultime épreuve. Tout à coup, je pousse un cri auquel je ne croyais plus : "les enfants, on s’en va !"

On part en courant, on arrive à la maison à 14h00.

Il nous aura fallu quatre heures pour une petite piqûre. On doit y retourner pour faire la deuxième injection, et nos vaccins à nous.

Rien qu’à l’idée, je tremble et je suis en sueur !


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